Une climatologue de la nasa démissionne : un signal d'alarme ?

Kate Marvel, figure de proue de la science climatique à la NASA, a claqué la porte de l'agence spatiale, fustigeant les attaques répétées de l'administration Trump contre la recherche scientifique et évoquant un climat de tension insoutenable. Un départ qui résonne comme un coup de poing au cœur d'une communauté scientifique déjà fragilisée.

Un climat de suspicion et de coupes budgétaires

L'annonce, officielle mais sobre, a été relayée par Bloomberg et confirme les craintes grandissantes quant à l'influence politique sur les travaux scientifiques. Marvel, dans sa lettre de démission adressée aux dirigeants de l'Institut Goddard, exprime son incrédulité face à la remise en question de la vérité scientifique, un phénomène qu'elle juge profondément troublant. Le contexte est lourd : l'administration Trump avait, l'an dernier, tenté de saboter le financement de la NASA, une tentative finalement contrariée, mais qui a laissé des traces profondes chez les employés.

L'ambiance, déjà pesante en raison de l'incertitude budgétaire, s'est encore dégradée avec la décision, prise en mai 2025, de la NASA de renoncer à son emplacement historique de College Park, dans le Maryland, à quelques pas de l'Université Columbia. Un déménagement qui a contraint les équipes de recherche à se disperser, à chercher refuge dans des bureaux temporaires – un calvaire, selon Marvel, qui évoque des « hébergements précaire chez des collègues ».

La sixième évaluation climatique, un projet abandonné

La sixième évaluation climatique, un projet abandonné

Le départ de Marvel intervient également dans la foulée de l'abandon, par l'administration Trump, de la sixième édition de l'évaluation nationale du climat, un document majeur qui synthétise les connaissances scientifiques sur le changement climatique. Elle a pourtant contribué à la rédaction de la cinquième édition en 2023. Son expertise, reconnue internationalement, était précieuse pour évaluer les preuves de l'impact de l'activité humaine sur le climat et le réchauffement global. La scientifique, qui a rejoint Goddard en janvier 2024 après une période en tant que chercheuse contractuelle, a publié l'ouvrage Human Nature l'année dernière.

Paradoxalement, Marvel affirme conserver une confiance inébranlable dans la mission globale de la NASA, qui se concentre actuellement sur le programme Artemis, visant à renvoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2028 et à établir une base lunaire permanente d'ici 2030. Un investissement colossal de 20 milliards de dollars est prévu pour ce projet, dicté par une ordonnance présidentielle de Donald Trump. L’agence nourrit également l’ambition de développer une nouvelle génération de vaisseaux spatiaux pour explorer Mars.

Le départ de Kate Marvel n'est pas qu'une simple démission. C'est une illustration criante de la fragilité de la science face aux pressions politiques et un appel au respect de la rigueur et de l'objectivité, des valeurs fondamentales qui doivent guider l'exploration spatiale et la compréhension de notre planète. Le prix de cette démission, c'est la perte d'une voix experte et engagée, et le risque d'un affaiblissement de la crédibilité scientifique, au moment même où le monde a le plus besoin de données fiables et de décisions éclairées.