Trump recule : l'ultimatum sur ormuz reporté, l'iran en négociation
- Un accord négocié dans l'urgence, avant l'ouverture de wall street
- Des intermédiaires en coulisses et des négociations secrètes
- La réaction iranienne : démenti et accusations de manipulation
- Un répit de cinq jours, mais les alliés restent sceptiques
- L'ombre de la manipulation et le risque d'un statu quo confirmé
Une volte-face inattendue : Donald Trump a retiré lundi son menace de frapper l'infrastructure électrique iranienne, offrant un répit de cinq jours et ouvrant la voie à des discussions directes avec Téhéran. Un revirement amorcé par les avertissements de ses alliés du Golfe, et motivé, semble-t-il, par la volonté d'éviter une escalade catastrophique et de calmer les marchés financiers en ébullition.
Un accord négocié dans l'urgence, avant l'ouverture de wall street
L'annonce, intervenue juste avant l'ouverture de la bourse américaine, a provoqué un plongeon immédiat du prix du pétrole Brent et une remontée des indices S&P 500 et des obligations du Trésor. Une manœuvre calculée pour apaiser les inquiétudes des investisseurs, secoués par les déclarations incendiaires du président américain. Mais au-delà des considérations boursières, la situation reste extrêmement délicate. Dana Stroul, ex-substitut adjointe du secrétaire à la Défense pour le Moyen-Orient, a souligné que l'attaque contre les infrastructures énergétiques civiles aurait constitué un acte de guerre.

Des intermédiaires en coulisses et des négociations secrètes
Selon des sources proches du dossier, des messages ont été transmis entre Washington et Téhéran via des canaux diplomatiques informels, notamment par l'Égypte, la Turquie et le Pakistan. Des négociations, dont le degré de directivité reste flou, auraient débuté samedi, impliquant Jared Kushner, le gendre de Trump, et Steve Witkoff, son conseiller. Le président américain affirme que des représentants iraniens l'ont contacté, désireux de parvenir à un accord après sa menace. Il prétend même que Téhéran a accepté de remettre le matériel nucléaire et de renoncer à son programme nucléaire. Une affirmation que l'Iran conteste formellement.

La réaction iranienne : démenti et accusations de manipulation
Le ministère iranien des Affaires étrangères a nié toute conversation avec les États-Unis, qualifiant les déclarations de Trump de « fausses nouvelles » destinées à manipuler les marchés financiers. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement iranien, a également dénoncé ces allégations, affirmant que les propos du président américain étaient une tentative de manipulation. L'agence de presse semi-officielle iranienne Fars a même rapporté que l'Iran se serait retiré après avoir appris que les objectifs des États-Unis étaient toutes les centrales électriques d'Asie occidentale, ce qui a entraîné un rebond du prix du pétrole.

Un répit de cinq jours, mais les alliés restent sceptiques
Si les pays de la région perçoivent cette pause comme un souffle de soulagement temporaire, les alliés américains, notamment européens, expriment des inquiétudes quant à l'impact d'un conflit prolongé en Iran sur la guerre en Ukraine. Le chef d'état-major pakistanais a d'ailleurs parlé à Trump dimanche, tandis que le premier ministre pakistanais a discuté avec le président iranien. Les pays du Golfe, initialement partisans d'une ligne dure contre Téhéran, se montrent désormais plus prudents, certains étant prêts à attaquer l'Iran s'il cible leurs infrastructures cruciales. L'Arabie Saoudite a même averti Washington qu'elle se défendrait en cas d'agression iranienne.

L'ombre de la manipulation et le risque d'un statu quo confirmé
L'attitude erratique de Trump, oscillant entre menaces et concessions, suscite des interrogations quant à la sincérité de ses intentions. Les experts s'accordent à dire que cette pause pourrait, paradoxalement, renforcer la position de l'Iran, lui donnant l'impression que ses menaces peuvent obtenir des concessions de la part des États-Unis. Jonathan Panikoff, ancien Sub-directeur de l'Intelligence Nationale pour le Moyen-Orient, estime même que cela pourrait « valider la posture de l'Iran, en particulier si les négociations échouent. »