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Meta et google : un verdict historique menace leur modèle économique

Un coup de tonnerre a retenti à Los Angeles : un jury a estimé Meta et Google responsables des dommages causés à une jeune femme depuis l'âge de six ans, imputables à la conception addictive de leurs plateformes. Une sentence qui pourrait redéfinir la responsabilité des géants du web et les confronter à un avenir bien plus encadré.

L'ombre de l'addiction plane sur les géants du numérique

L'amende de 6 millions de dollars, bien que modeste au regard des chiffres d'affaires colossaux de Meta et Google, représente bien plus qu'une simple sanction financière. Elle ouvre une brèche dans leur statut de plateformes impénétrables, autrefois protégées par la section 230 de la loi américaine, qui leur accordait une immunité quasi-totale concernant le contenu publié par leurs utilisateurs. La justice californienne a ici ciblé le cœur même de leur modèle économique : la maximisation de l'engagement, quitte à créer une dépendance chez les plus jeunes.

Jess Miers, professeure à la faculté de droit de l'Université d'Akron, n'a pas été surprise par ce verdict. « Il reflète parfaitement le sentiment d'hostilité croissant envers la Technologie », souligne-t-elle. Loin de se contenter d'être des fournisseurs d'accès à l'information, Meta et Google sont perçus comme des acteurs influençant le fonctionnement de notre société, voire de notre démocratie.

Un effet domino attendu

Un effet domino attendu

Ce verdict ne marque qu'un début. Des milliers de poursuites sont en cours contre Meta, Google et d'autres réseaux sociaux tels que Snap et TikTok. Des districts scolaires entiers dénoncent l'impact néfaste de ces plateformes sur les élèves et la difficulté croissante pour les enseignants à maintenir l'attention en classe. Le récent verdict de 375 millions de dollars au Nouveau-Mexique contre Meta, suite à des accusations de manipulation visant à protéger les adolescents contre l'exploitation sexuelle, témoigne de l'ampleur des enjeux.

Les avocats des plaignants, comme Lexi Hazam, visent désormais à contraindre les entreprises à modifier radicalement le fonctionnement de leurs produits. Des fonctionnalités addictives, telles que les notifications push, seraient remises en question, et des outils de vérification d'âge et de contrôle parental plus performants seraient mis en place. L'impact sur les revenus publicitaires, pilier de la rentabilité de ces plateformes, serait inévitable.

Un congrès réveillé ?

Un congrès réveillé ?

Si les tribunaux pourraient imposer des changements progressifs, l'intervention du Congrès américain apparaît comme la voie la plus efficace pour une régulation durable. La sécurité des enfants en ligne, un sujet qui transcende les clivages politiques, pourrait enfin relancer le débat sur la nécessité d'une législation plus stricte. La proposition de loi sur la sécurité infantile sur Internet, présentée en février 2022, pourrait enfin trouver un écho favorable.

« Il faut que chaque membre du Congrès examine ce verdict et son propre jugement », martèle Richard Blumenthal, sénateur démocrate du Connecticut. Les géants du web sont désormais sous une pression sans précédent, confrontés à l'érosion de leur immunité et à la menace d'une régulation accrue. L'ère de la responsabilité des produits défectueux n'est plus qu'une question de temps.

Matthew Schettenhelm, analyste de Bloomberg Intelligence, souligne que même si ces entreprises pourraient gagner certains procès, le nombre croissant de procédures et la couverture médiatique constante risquent de nuire à leur image et à leur croissance future. La bataille ne fait que commencer, et elle promet d'être longue et coûteuse pour Meta et Google.