Lace litography : la startup norvégienne qui défie asml
Une jeune pousse européenne bouscule les codes de l'industrie des semi-conducteurs. Lace Litography, basée en Norvège mais avec un centre névralgique à Barcelone, ambitionne rien de moins que de briser le quasi-monopole d'ASML sur la lithographie, une Technologie vitale pour la fabrication des puces.
Une révolution atomique en vue
Alors qu'ASML utilise des lasers UV pour graver les circuits, Lace Litography mise sur un procédé radicalement différent : un faisceau d'atomes de hélium. L'enjeu ? Atteindre une résolution atomique, permettant de créer des structures dix fois plus fines que celles produites actuellement. La Technologie, née des laboratoires de l'Université de Bergen, promet une nouvelle ère de miniaturisation et de performance pour les puces électroniques, un atout majeur à l'heure de l'explosion de l'intelligence artificielle.
Bodil Holst, fondatrice et directrice générale de Lace, y voit la possibilité de dépasser les limites de la lithographie traditionnelle. “La lithographie actuelle ne suit plus le rythme des besoins de l'industrie”, affirmait-elle lors d'une présentation aux investisseurs. Une déclaration qui résonne avec force dans un secteur où la demande de puces toujours plus puissantes et compactes ne cesse de croître.
L'arrivée de Microsoft, via son fonds M12, avec un investissement de 40 millions d'euros, en dit long sur le potentiel perçu. Atomico, SETT (la société d'investissement du gouvernement espagnol) et Nysno (le fonds norvégien) se sont également joints à la danse, témoignant d'un intérêt européen fort pour cette Technologie disruptive. Le soutien de Future Ventures, le fonds de capital-risque de Steve Jurvetson, ancien conseiller de Tesla et SpaceX, ajoute une dimension encore plus intéressante à l'équation. Un lien avec l'industrie spatiale, en pleine expansion sous l'impulsion d'Elon Musk, qui pourrait s'avérer stratégique.
L'entreprise, bien que toujours en phase de recherche et d'expérimentation, affiche des ambitions élevées. Un projet pilote n'est pas attendu avant 2029, mais l'impact potentiel sur le marché des semi-conducteurs est déjà considérable. La Technologie Lace pourrait bien redéfinir les règles du jeu, forçant ASML à innover pour conserver sa position dominante.
La lithographie EUV, actuellement la norme, repose sur des machines d'une valeur supérieure à 300 millions de dollars, ce qui crée une dépendance quasi-systémique envers ASML. Lace offre une alternative prometteuse pour briser cette dépendance et ouvrir la voie à une concurrence plus saine.
Le pari est audacieux, les défis nombreux, mais Lace Litography incarne l'espoir d'une Europe capable de rivaliser avec les géants technologiques américains et asiatiques sur un marché stratégique. La course à la miniaturisation des puces ne fait que commencer, et Lace semble prêt à jouer un rôle majeur dans cette nouvelle révolution technologique.

Barcelona, plaque tournante de l'innovation
Si le siège social de Lace Litography reste à Bergen, en Norvège, c'est à Barcelone que se concentre l'essentiel des opérations. Le cofondateur Adriá Salvador Palau, ancien élève de Bodil Holst, dirige les activités du centre opérationnel espagnol. Un choix stratégique qui témoigne de l'attractivité de l'écosystème technologique catalan et de son potentiel de croissance.
