Ia : openai alerte sur une fracture économique sans précédent

Le développement fulgurant de l'intelligence artificielle ne laisse plus place au doute : il s'agit d'une révolution comparable à l'avènement de l'électricité. Mais au lieu d'illuminer tous les foyers, elle risque de creuser un abîme entre ceux qui pourront en maîtriser les leviers et ceux qui seront laissés pour compte. OpenAI, l'entreprise derrière ChatGPT, l'a reconnu, et tente d'avancer des solutions, même si leur portée reste à démontrer.

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L'ia, une source de richesse ou un amplificateur d'inégalités ?

L'observation est simple : l'IA a le potentiel d'accroître la productivité de manière exponentielle, permettant de réaliser des tâches qui prenaient des heures en quelques minutes, voire secondes. Mais cette accélération risque de concentrer les richesses entre les mains de quelques acteurs, notamment ceux qui ont investi massivement dans cette Technologie. La crainte est légitime : les entreprises moins dotées, les pays en développement, se retrouveront marginalisés, incapables de rivaliser avec la puissance de calcul et les algorithmes sophistiqués des géants de la tech. Selon certaines estimations, OpenAI pourrait générer 25 milliards de dollars de revenus publicitaires d'ici 2030, une somme colossale qui souligne l'enjeu économique en jeu.

Le document publié par OpenAI ne se contente pas de pointer du doigt le problème. Il propose une série de mesures visant à atténuer les effets pervers de l'IA, en commençant par une approche que l'on pourrait qualifier de « droit à l'IA ». Il s'agit de considérer l'accès à cette Technologie comme un bien commun, comparable à l'accès à l'éducation ou à l'électricité. L'idée est d'assurer un niveau de base de compétences en IA largement accessible, même gratuitement ou à faible coût, permettant à chacun de participer à l'économie numérique.

Le concept d'un Fonds de Richesse Publique pour la distribution des bénéfices de l'IA est particulièrement intéressant. L'idée serait de redistribuer une partie des profits générés par l'IA directement aux citoyens, indépendamment de leur niveau de revenus ou de leur accès au capital. Une forme de revenu universel conditionnel, peut-être, qui permettrait de compenser les pertes d'emplois liées à l'automatisation.

OpenAI ne se contente pas de traiter des questions économiques. Il aborde également l'impact de l'IA sur le marché du travail. La perte d'emplois est une préoccupation légitime, mais l'entreprise souligne qu’il est possible de créer de nouvelles opportunités, notamment dans le secteur des services à la personne, de l’éducation et de la santé. L’IA pourrait alléger la charge de travail dans ces domaines, permettant aux professionnels de se concentrer sur les aspects les plus humains de leur métier. Mais il ne s’agit pas de remplacer l’humain par la machine, mais de trouver un équilibre entre les deux.

En fin de compte, le défi est de maîtriser l’IA pour qu’elle serve l’intérêt général, et non qu’elle renforce les inégalités sociales. Si OpenAI prend conscience de ce risque, il reste à voir si ses propositions seront suffisantes pour éviter une nouvelle fracture économique. L'enjeu est de taille : l'avenir de nos sociétés en dépend.