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Ia : l'ombre thermique des data centers menace le climat

L'essor fulgurant de l'intelligenceartificielle, propulsé par des géants comme Nvidia, a un coût caché : une dégradation thermique localisée qui pourrait affecter des centaines de millions de personnes. Une nouvelle étude révèle que les data centers, indispensables à ce boom technologique, créent des "îles de chaleur" aux conséquences insoupçonnées.

Une chaleur anormale à portée d

Une chaleur anormale à portée d'un data center

Une collaboration internationale de chercheurs, issus de prestigieuses institutions comme Cambridge, Nanyang, et Grenoble, a mis en évidence un phénomène climatique inédit : l'"île de chaleur de données". En analysant les températures des 20 dernières années à proximité de ces installations énergivores, ils ont constaté une augmentation moyenne de 2 degrés Celsius dans un rayon de 10 kilomètres. Si cela peut sembler minime, l'impact est considérable : 340 millions de personnes à travers le monde, y compris en Espagne, sont potentiellement touchées.

Le phénomène, bien que présentant des spécificités propres, n'est pas sans rappeler les effets d'îlot de chaleur urbain, où les zones urbaines sont significativement plus chaudes que les campagnes environnantes. Le problème réside dans l'intensité : dans les cas les plus extrêmes, la température de la surface peut grimper jusqu'à 9,1 degrés Celsius, et l'influence s'étend encore sur 7 kilomètres, où l'impact, bien que réduit, reste notable.

En Espagne, la région d'Aragon est particulièrement concernée. L'implantation massive de data centers par des entreprises comme Amazon (AWS), Microsoft, Blackstone et Vantage Data Centers a contribué à une augmentation anormale de 2 degrés Celsius, contrastant avec les tendances thermiques des provinces voisines et l'évolution globale de la température en Europe. Andrea Marinoni, chercheur à l'Université de Cambridge et auteur principal de l'étude, met en garde : “Il est impératif d’intégrer cette problématique dans le débat sur une IA véritablement durable.”

Le gaspillage d'énergie et d'eau, déjà vivement critiqué, est donc associé à un impact thermique mesurable, soulignant la nécessité d'une approche plus responsable du développement de l'IA. L'augmentation de la demande en puissance de calcul, alimentée par la course aux performances, ne peut se faire au détriment de l'environnement et du bien-être des populations.

La situation en Aragon, avec des investissements massifs attirant pourtant une chaleur anormale, illustre parfaitement le dilemme : l'attrait économique et la création d'emplois se heurtent aux conséquences écologiques. Le constat est clair : l'IA, pour être véritablement innovante, doit aussi être respectueuse de la planète. Le prix de notre obsession technologique pourrait bien être une planète plus chaude, localement, mais de manière substantielle.