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Guerre en iran : l'ordonnée d'ormuz sous tension, états-unis et russie profitent du chaos

La guerre entre l'Iran et Israël menace l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, exacerbant une crise énergétique déjà fragilisée. L'étroit détroit d'Ormuz, choke point stratégique, est au cœur de cette nouvelle tension, tandis que les États-Unis et la Russie s'imposent comme de nouveaux acteurs majeurs du marché.

Le trafic maritime perturbé, les prix s'envolent

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, voie essentielle pour le transit de près de 100 pétroliers et méthaniers par jour, s'est presque totalement arrêté. Cette paralysie, due à des annulations d'assurance, des craintes de frappes et des décisions des compagnies maritimes, illustre la gravité de la situation. Le blocage représente une perte de 20 à 30 % de l'offre mondiale de pétrole et de gaz naturel, impactant durement l'Europe, l'Asie et d'autres régions.

Les conséquences se font sentir immédiatement sur les marchés. Le prix du baril de pétrole Brent a grimpé de 16 % cette semaine, passant de 72,5 à 84 dollars. Le gaz TTF européen a quant à lui bondi de 61 % en quatre jours, atteignant 50 euros par mégawatt. Cette flambée des prix témoigne d'une demande accrue pour les réserves restantes.

Un bénéfice inattendu pour washington

Si la crise profite à certains, les États-Unis en sont les principaux bénéficiaires. Loin d'être dépendants du pétrole étranger, ils sont désormais le plus grand producteur et exportateur mondial, et même un hub de revente pour de nombreux pays. La production américaine de gaz naturel devrait doubler d'ici 2025, surpassant de loin celle de la Russie. Cette autonomie, renforcée par une capacité excédentaire de près de 10 %, permet à Washington de se positionner comme un fournisseur de référence pour l'Europe et l'Espagne.

La géographie joue également un rôle majeur. Alors que la guerre perturbe l'approvisionnement moyen-oriental, l'Arabie saoudite a mis en avant son infrastructure pétrolière située au-delà du détroit de Bab-el-Mandeb, à l'abri des conflits. Cette infrastructure, développée pour anticiper de tels scénarios, permet à Riyad de maintenir une capacité d'exportation significative.

En parallèle, le Brésil, avec ses gisements offshore coûteux, et l'Arabie saoudite, disposant d'un pétrole parmi les moins chers au monde, apparaissent comme des acteurs clés. L'Arabie saoudite, malgré un cœur industriel touché par la crise, a mis en œuvre un projet d'exportation vers la mer Rouge, sécurisé face aux tensions régionales. Leurs exportations, combinées à celles de l'Iran, propulsent les trois pays au sommet du marché énergétique mondial, contrôlant ensemble jusqu'à 35 % des exportations de pétrole ou de gaz.

Cette reconfiguration du pouvoir énergétique, où les États-Unis et la Russie émergent comme des acteurs incontournables, symbolise un changement profond dans les équilibres mondiaux. L'ascension de ces deux nations s'accompagne d'une remise en question des modèles traditionnels d'approvisionnement et d'une redéfinition des alliances géopolitiques. La question de la durabilité énergétique et de la transition vers des sources alternatives ne fait que s'accentuer face à cette nouvelle réalité.