Ferrari : le choc du luce, une stratégie électrique en péril
Le lancement du Ferrari Luce, ce hyper-coach électrique à 550 000 euros, a provoqué une onde de choc dans le monde automobile. Une déconvenue majeure pour le constructeur toscan, déjà fragilisé par des objectifs de transition électrique révisés à la baisse.
Un design qui détonne, une identité perdue
Les réactions ont été immédiates et virulentes. Les analystes, les influenceurs, même Pierre-Olivier Essig de AIR Capital, n'ont pas mâché leurs mots. « On est perdus dans la traduction avec la nouvelle stratégie de Ferrari », a-t-il tonné, qualifiant le design du Luce de « mélange entre un Honda Accord EV et un Tesla 3 ». Une comparaison crue qui souligne l'écart flagrant entre les ambitions de Ferrari et la réalité du marché.
Ferrari a confié le projet à Jony Ive, l'ancien directeur de design d'Apple, une décision qui a, semble-t-il, accentué le désaccord. L'intérieur du Luce, loin de l'esthétique emblématique associée à Flavio Manzoni, chef de design de Ferrari, évoque davantage un grand monospace électrique que le bolide qu'on attendait de la marque.

Un lancement difficile, une demande incertaine
Ce lancement, orchestré sur trois étapes, devait marquer un tournant. Mais il arrive dans un contexte de plus en plus incertain pour les véhicules électriques haut de gamme. Lamborghini et Porsche AG ralentissent leurs plans, confrontées à un manque d'intérêt des acheteurs. La demande se freine, et Ferrari peine à anticiper l’avenir.

La stratégie 2030 remise en question
La décision de réduire la part des véhicules 100% électriques à 20% de la gamme, contre un objectif initial doublé, est un signal d'alarme pour les investisseurs. Ce repli stratégique, loin d'être une surprise, alimente les doutes sur la capacité de Ferrari à concilier son héritage et la transition électrique. La marque, valorisée à 53 milliards d'euros, doit prouver qu'elle a encore du carburant dans le réservoir.
Malgré le désaccord sur le design, le Luce offre des performances impressionnantes : une puissance équivalente à plus de 1000 chevaux et une accélération de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes. Sa vitesse maximale dépasse les 310 km/h. Cependant, cette démonstration de puissance ne saurait compenser la réception négative du véhicule et les inquiétudes grandissantes quant à la stratégie globale de Ferrari.
