Digi : l'ambitieux plan de rupture mis à l'échec par les vents de la guerre en ukraine
La start-up rumano DIGI, qui se présentait comme un challenger sérieux pour les géants historiques de la téléphonie mobile en Espagne, voit ses ambitions de développement brutalement stoppées. Un revirement stratégique, dicté par la crise géopolitique actuelle.
Un rebond inattendu, mais un plafond atteint
Avec plus de 10,8 millions d'abonnés, DIGI s'est rapidement imposée comme un acteur de poids sur le marché espagnol, atteignant une part de marché de 13% en fibre et 12% en mobile. Les revenus de 929 millions d'euros enregistrés l'année dernière, avec une croissance de 20% depuis 2023, témoignent d'une dynamique encourageante. Mais cette progression, loin d'être une certitude, s'appuie sur une infrastructure louée auprès de Telefónica, un point de dépendance que l'entreprise souhaite désormais éliminer.
L'objectif ? Dépasser les 21 millions de foyers couverts d'ici 2030, une ambition audacieuse qui exige une injection de capital conséquente. C'est pourquoi la sortie à la bourse, autrefois annoncée, est reportée à une date indéterminée. Marius Varzaru, PDG de DIGI en Espagne, l'explique clairement : « L'instabilité des marchés de capitaux rend impossible, pour l'instant, une introduction en bourse. »

La guerre en ukraine : un frein majeur
Le conflit en Ukraine a mis un coup d'arrêt aux plans de DIGI. La volatilité des marchés financiers a dissuadé les investisseurs potentiels. Bien que l'entreprise affirme avoir reçu des retours positifs sur son projet de croissance, la prudence est de mise. La valorisation estimée de DIGI oscillerait entre 2 et 2,4 milliards d'euros, une fourchette qui pourrait être significativement réduite dans les conditions actuelles. Il est impératif pour DIGI de convaincre les analystes qu'elle constitue une opportunité d'investissement solide et sécurisée.
L'entreprise se concentre sur le déploiement de la fibre Smart, qui a déjà atteint 13,7 millions de foyers, principalement en zones urbaines. L'objectif est de doubler ce chiffre en cinq ans, une tâche qui nécessitera des investissements massifs et une gestion rigoureuse des coûts. Un défi de taille, surtout dans un contexte économique aussi incertain.
