Crise énergétique : l'ormuz au cœur d'un nouveau choc géopolitique
La guerre au Moyen-Orient s'intensifie. Les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont déclenché une spirale de représailles régionales, réveillant une crainte ancestrale : un choc énergétique provoqué par la fermeture du détroit d'Ormuz. Cette voie maritime, vital pour le commerce mondial, est désormais au centre d'une potentielle crise.

Le pétrole face à une nouvelle flambée
Les scénarios catastrophes ont été élaborés pendant des années, à chaque crise dans le Golfe. Les prévisions évoquent une envolée des prix du pétrole et du gaz, dont l'ampleur dépendra de la durée du conflit et de la capacité de l'Iran à bloquer le détroit. Les analystes s'accordent sur un point : le pétrole est le baromètre de la transmission du conflit aux marchés financiers, et son prix va augmenter.
Les cours des barils de référence, déjà en baisse depuis 2022 après l'invasion russe de l'Ukraine, pourraient connaître une nouvelle impulsion. Barclays Capital, par exemple, prévoit un Brent atteignant les 100 dollars par baril en cas de poursuite du conflit, soit une hausse de plus de 30% par rapport aux 70 dollars actuels. Goldman Sachs, quant à lui, estime qu'une perte d'un million de barils d'exportations iraniennes par jour pendant un an ajouterait 8 dollars au prix du pétrole.
La situation pourrait s'aggraver rapidement. La Guardia Revolucionaria Islámica, suite à la mort d'Ali Khamenei, a promis des représailles. Le BP pourrait même dépasser les 130 dollars si l'Iran cesse complètement ses exportations, selon une étude d'Oxford Economics datant de juin 2025 – une prédiction qui reste d'actualité.
Les conséquences ne se limitent pas à une hausse des prix. Deutsche Bank anticipe une augmentation des anticipations d'inflation, impactant négativement l'activité économique et la consommation. Goldman Sachs qualifie même un conflit sérieux avec l'Iran de « vent en travers économique majeur ». L'impact sur le PIB mondial pourrait être de 3 décimales, avec des répercussions particulièrement fortes sur les États-Unis et la zone euro, où la croissance pourrait se réduire de 0,4 à 0,5 point de pourcentage. L'inflation américaine pourrait atteindre 4,5%, incitant la Réserve fédérale à retarder toute baisse des taux d'intérêt.
Les banques d'investissement, comme Barclays et Goldman Sachs, rappellent des analyses antérieures, certaines mises à jour suite aux tensions de juin 2025. Les scénarios d'Oxford Economics, qui prévoient un impact majeur sur le PIB américain et européen, sont également repris. La volatilité des marchés est palpable. Le risque d'escalade, avec le bloquage de l'Ormuz ou une extension du conflit, plane au-dessus des perspectives économiques.
Le prix du pétrole, aujourd'hui, n'est plus seulement une question de coût de l'énergie. Il est devenu un indicateur de la fragilité géopolitique. Et la fragilité, en économie, est rarement un signe de stabilité.