Crise en iran : les états-unis, nouveau bastion énergétique mondial ?

La guerre en Iran a exacerbé les tensions géopolitiques, mais paradoxalement, elle pourrait redéfinir les équilibres énergétiques mondiaux. Si l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) qualifie cette situation de « plus grande disruption pour le pétrole de l'histoire », l'impact sur le marché du gaz naturel se révèle être un tournant inattendu.

L'émergence d'un géant gazier américain

Alors que les craintes d'une interruption des approvisionnements énergétiques s'intensifiaient dans le Golfe Persique, les États-Unis ont révélé une capacité de production et d'exportation de gaz naturel sans précédent. L'annonce conjointe de lundi par Exxon Mobil et Qatar Energy concernant le premier chargement réussi de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis Golden Pass, au Texas, marque un tournant majeur. Cette superterminal, longtemps entravée par des retards de construction et des obstacles réglementaires, est désormais opérationnelle et prête à alimenter les marchés internationaux à partir d'avril.

Située stratégiquement sur la côte du Golfe, Golden Pass bénéficie d'un accès direct à la mer et à d'importants gisements de schiste, auparavant inexplorés en raison du manque d'infrastructure. Le processus de liquéfaction, nécessitant des technologies de pointe et des navires spécialisés, permet de transformer le gaz naturel en un liquide transportable à -162 degrés Celsius, avant d'être regasifié à destination.

Avec une capacité d'exportation estimée à 18 millions de tonnes par an (MTPA), Golden Pass compense en partie la perte de 20 millions de dollars annuelle subie par le Qatar suite aux récentes attaques iraniennes contre ses infrastructures. Les deux entreprises partagent la même structure actionnariale : Qatar Energy détient 70 % de la terminal, tandis qu'Exxon Mobil en contrôle les 30 % restants.

Le goulet d

Le goulet d'ormuz : une pièce maîtresse stratégique

La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, une tactique visant à priver la région de ses exportations énergétiques, a créé une crise majeure pour les importateurs de gaz. Les infrastructures de gazoducs vers l'Europe et l'Asie sont limitées, rendant la voie maritime, via le détroit, cruciale. L'Iran a exploité cette situation en imposant un contrôle de passage, favorisant les pays avec lesquels il entretient de bonnes relations, comme la Chine.

Le président américain, Joe Biden, a insisté sur la nécessité de rouvrir le détroit, liant cette action à une éventuelle résolution du conflit. L'alternative, selon Trump, serait une intervention militaire directe, incluant la destruction des infrastructures énergétiques iraniennes. « Des progrès significatifs ont été réalisés, mais si aucun accord n'est trouvé rapidement, et si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert immédiatement à la circulation maritime, nous mettrons fin à notre présence en Iran en détruisant complètement toutes ses centrales électriques, ses puits de pétrole et l'île de Kharg », a-t-il déclaré.

L'enjeu est clair : la capacité des États-Unis à fournir du GNL au monde entier, conjuguée à la pression internationale pour rouvrir le détroit d'Ormuz, pourrait redéfinir les équilibres énergétiques mondiaux et atténuer l'impact de la crise iranienne. Une nouvelle ère énergétique semble s'annoncer, où l'Amérique prendrait le relais en tant que pilier central de l'approvisionnement mondial en gaz.