Conflit au moyen-orient : les expatriés fuient, les recrutements s'effondrent
La guerre qui déchire le Moyen-Orient a un gel brutal sur le marché du travail technologique dans les Émirats arabes unis. Alors que les combats entrent dans leur quatrième semaine, les entreprises réorganisent leurs chaînes d'approvisionnement et mettent en péril les plans de carrière de nombreux expatriés.
Un exode massif des talents
Le constat est alarmant : les demandes d'emploi ont chuté drastiquement depuis le début du conflit. Vahid Haghzare, dirigeant de Silicon Valley Associates Recruitment à Dubaï, décrit une situation inédite : "J'ai jamais vu ça aussi calme. J'étais habitué à être submergé de candidatures, à devoir refuser des opportunités, et soudain, le robinet s'est fermé." Cette désaffection est particulièrement visible chez les profils expatriés, nombreux à envisager un retour en Europe ou en Asie, cherchant à minimiser les risques dans une région en proie à l'instabilité.
La situation contraste fortement avec celle d'il y a quelques semaines, où la demande de talents était telle qu'il était difficile de trouver des recruteurs disponibles. Maintenant, les entreprises, notamment celles basées aux États-Unis, suspendent les embauches, comme l'a confirmé Haghzare pour l'un de ses clients SaaS.

Les postes locaux résistent, les ambitions internationales s'évanouissent
Bien que l'activité commerciale soit impactée, certains secteurs résistent. Zahra Clark, responsable pour le Moyen-Orient et l'Afrique chez Tiger Recruitment, souligne la résilience des Émirats arabes unis, un trait de caractère déjà observé durant la crise du Covid-19. Cependant, la réalité est nuancée : les postes liés spécifiquement au marché local des Émirats arabes unis demeurent recherchés, tandis que les opportunités régionales ou internationales, basées à Dubaï, Doha ou Riad, sont au point mort.
Le désavantage des expatriés est flagrant. Confrontés à l'incertitude, ils se montrent moins tolérants au risque, accélérant ainsi leur départ. À l'inverse, les candidats locaux, peut-être rassurés par la situation, bénéficient d'une concurrence considérablement réduite. La guerre a, paradoxalement, nivelé le terrain.

Une adaptation aux pratiques de la pandémie
Les méthodes de recrutement se sont adaptées, rappelant les pratiques mises en place pendant la pandémie. Les entretiens en ligne sont devenus la norme, et l'intégration des nouveaux employés se fait de manière plus flexible et à distance. Clark de Tiger Recruitment confirme cette tendance : "Ce n'est pas nouveau, mais cela s'intensifie à nouveau."
Le repli des expatriés et le ralentissement des embauches internationales laissent entrevoir un repositionnement du marché du travail technologique au Moyen-Orient. L'avenir dira si cette phase de turbulence sera suivie d'une reprise durable ou d'un changement de paradigme plus profond, mais une chose est sûre : la volatilité est désormais la nouvelle constante.
