technologie

Climat : une scientifique de la nasa démissionne, dénonçant un climat de peur

Kate Marvel, figure de proue de la recherche climatique à la NASA, a claqué la porte de l'agence spatiale, fustigeant les attaques répétées de l'administration Trump contre la science et le chaos ambiant de l'année écoulée. Sa démission, révélée par Bloomberg, est un signal d'alarme retentissant sur la fragilité du consensus scientifique face aux pressions politiques.

Un départ motivé par l'hostilité institutionnelle

Dans une lettre adressée à Gavin Schmidt, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), et à Ron Miller, son adjoint, Marvel exprime son incrédulité face à l'instrumentalisation de la science à des fins politiques. « Je n'aurais jamais imaginé que la recherche de la vérité serait elle-même l'objet d'attaques », confie-t-elle, décrivant un climat de peur et d'incertitude qui a gangréné l'agence depuis la tentative de l'administration Trump de saboter le budget scientifique de la NASA l'année dernière. Bien que le financement ait finalement été maintenu, le spectre des coupes budgétaires a laissé des traces profondes au sein de l'équipe.

L'affaire ne se limite pas à une question financière. Le transfert du GISS, autrefois idéalement situé à quelques pas de l'Université Columbia (et au-dessus du mythique restaurant Tom's, immortalisé dans Seinfeld), vers des locaux temporaires, a exacerbé le sentiment d'instabilité. Marvel dépeint une situation désespérée, où les chercheurs se retrouvaient à devoir se loger chez des amis ou des collègues, une condition inacceptable pour une institution de renom.

Un expert en climat au cœur d

Un expert en climat au cœur d'une polémique

Marvel, auteure du livre Human Nature et co-rédactrice de la Cinquième évaluation du GIEC (2013), est une voix respectée dans le domaine de la science climatique. Son travail se concentre sur les preuves accablantes du lien entre l'activité humaine et le changement climatique. Sa démission, alors que la sixième évaluation du GIEC, cruciale pour comprendre les trajectoires futures du climat, a été abandonnée par l'administration Trump, souligne l'ampleur des dégâts causés par la politisation de la science.

Paradoxalement, Marvel réaffirme son attachement à la mission de la NASA, notamment son programme Artemis visant à renvoyer l'homme sur la Lune d'ici 2028 et à établir une base lunaire permanente d'ici 2030, un projet qui engloutira pas moins de 20 milliards de dollars. L'agence espère même atteindre Mars avec une nouvelle génération de vaisseaux spatiaux.

Ce départ marque une nouvelle fissure dans le monde scientifique américain, et pose la question de la manière dont la recherche fondamentale peut résister aux pressions politiques et aux dérives idéologiques. La démission de Kate Marvel est plus qu'une simple nouvelle : c'est un cri d'alarme, un appel à défendre la liberté de la science face à toute forme de censure et d'intimidation. Le climat de la recherche est en train de se dégrader, et le prix à payer pourrait être la vérité elle-même.