Bourse : nasdaq 100 en chute libre, la peur de l'escalade moyen-orient frappe
Les marchés financiers sont en ébullition. Le Nasdaq 100 a franchi ce vendredi la barre fatidique des 23 138 points, marquant officiellement son entrée dans une correction boursière. Une spirale descendante alimentée par les tensions géopolitiques grandissantes au Moyen-Orient, et qui s'avère être la cinquième semaine consécutive de pertes pour l'indice.

Un effondrement généralisé des indices
Le Dow Jones Industrial Average n'est pas en reste, cédant plus de 800 points et rejoignant également le territoire de la correction, avec une baisse de 10 % depuis le début de l'année. Le S&P 500, quant à lui, approche dangereusement cette même zone de turbulences, enregistrant une chute de 8 % depuis ses sommets de février. Les chiffres sont sans appel : S&P 500 à 6 368,85 (baisse de 1,67 %), Dow Jones à 45 167,44 (baisse de 1,72 % – 792 points), et Nasdaq 100 à 23 132,77 (baisse de 1,93 %).
Cette débâcle n'épargne pas le secteur technologique, traditionnellement porteur de croissance. La vente massive d'actions de mémoire, autrefois les locomotives de l'indice, a exacerbé la situation. Mais ce n'est pas seulement une question de performance des entreprises. L'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran, et la flambée des prix du pétrole qui en découle, pèsent lourdement sur les perspectives économiques.
Le pétrole atteint 110 $ le baril, menaçant l'inflation. L'annonce du report de 10 jours d'une éventuelle attaque contre les installations énergétiques iraniennes par Donald Trump n'a fait qu'apaiser temporairement les esprits. L'immobilisation effective du détroit d'Ormuz, avec le refus d'Irán d'accueillir les navires chinois, témoigne de la gravité de la situation. Une inflation galopante pourrait freiner la croissance économique américaine, déjà en phase de ralentissement.
Joe Mazzola, stratège en chef de trading et dérivés chez Charles Schwab, l'a souligné : « Le week-end arrive alors que les tensions de guerre sont à leur comble et que les investisseurs fuient le risque. » Et Aaron Hill, analyste en chef de marché chez FP Markets, met en garde : « Le Nasdaq 100 s'approche du territoire de la 'Croix de la Mort', un signal technique baissier qui a souvent précédé des baisses plus importantes. »
Paul Hickey, cofondateur de Bespoke Investment Group, ajoute une observation pertinente : « Cette consistance à la baisse sur 10 semaines sur les 11 dernières n'a été observée que lors de quelques périodes dans l'histoire de l'indice. »
La chute des cours est donc bien plus qu'une simple correction boursière. C'est le reflet d'une inquiétude profonde quant à la stabilité géopolitique et à ses conséquences économiques. Et tant que les prix du pétrole ne refléteront pas un apaisement des tensions, les investisseurs devront s'attendre à une volatilité accrue et à une aversion pour le risque qui continuera d'affecter les marchés. La balle est désormais dans le camp des diplomates, mais la prudence reste de mise.
