Artemis ii : apple en orbite, sans internet ni bluetooth
Le rêve spatial a
une saveur nouvelle : un iPhone 17 Pro Max a décollé à bord de la mission Artemis II, aux côtés des quatre astronautes de la NASA. Une première pour Apple, et une illustration des efforts pour intégrer la Technologie grand public dans l'exploration lunaire, même avec des contraintes sévères.
Le smartphone, un outil d'observation et de liaison
Jared Isaacman, figure clé de l'aventure spatiale privée et administrateur de la NASA, avait annoncé en février dernier que les équipages des missions Crew-12 et Artemis II bénéficieraient des derniers modèles de smartphones. L'objectif ? Offrir aux astronautes la possibilité de capturer des moments précieux pour leurs familles et de partager des images et vidéos inspirantes avec le public. Une promesse tenue, même si les fonctionnalités sont drastiquement limitées : pas d'accès à Internet, ni de Bluetooth. La communication se fera par les canaux officiels, le téléphone servant principalement d'appareil photo et d'enregistreur vidéo.
Le processus d'homologation du hardware Apple n'a pas été une formalité. Tobias Niederwieser, professeur à l'institut de recherche BioServe Space Technologies, explique qu'il s'agit d'une procédure en quatre étapes : présentation du matériel à un comité de sécurité, identification des risques potentiels, élaboration d'un plan de mitigation, et enfin, vérification du fonctionnement en conditions réelles. Un défi de taille, réalisé dans un délai très court, témoignant de la volonté de la NASA d'intégrer des technologies modernes.
L'iPhone 17 Pro Max, protégé par un verre Ceramic Shield 2 à la fois sur la face avant et arrière, réputé plus résistant que le verre traditionnel, a été photographié à plusieurs reprises durant la mission. Un clip diffusé par Owen Sparks sur X montre notamment l'un des astronautes recevant le téléphone dans un compartiment de son équipement, juste avant le lancement. Une autre vidéo, capturée en apesanteur, dévoile les membres de l'équipage se passant le smartphone, révélant son design argenté. Il est à noter que les astronautes disposent également de matériel plus professionnel, comme deux caméras Nikon D5 et quatre GoPro Hero 11, pour une documentation plus exhaustive.
Ce qui frappe, c'est l'absence de participation d'Apple au processus d'approbation. La firme de Cupertino se contente de souligner qu'il s'agit de la première fois qu'un iPhone répond à tous les critères pour une utilisation prolongée en orbite. Une affirmation qui interroge : Apple a-t-elle volontairement choisi de rester en retrait, ou les contraintes techniques se sont-elles avérées trop importantes ?
La présence d'un iPhone à bord d'Artemis II, bien que limitée dans ses fonctionnalités, symbolise l'évolution des technologies spatiales. On s'éloigne du mythe de l'astronautique austère pour embrasser une approche plus pragmatique, intégrant des outils familiers pour améliorer le confort et la documentation des missions. Mais le risque est aussi de diluer l'image de la conquête spatiale, en la transformant en un simple accessoire de divertissement. La NASA devra veiller à ne pas céder à cette tentation, pour que l'exploration lunaire reste un symbole d'innovation et de progrès scientifique.
