Ankara : trump tente le marché des armements, erdogan sous pression
L’ambiance à Ankara était électrique, une tension palpable qui dépassait largement les protocoles habituels d’une sommetato. Donald Trump, visiblement attiré par l’image d’un leader fort, cherchait à convaincre ses alliés de la nécessité d’une modernisation rapide des forces armées, et surtout, à obtenir des contrats substantiels avec la Turquie.
Un partenariat stratégique en jeu
La hospitalité opulente de Recep Tayyip Erdogan, loin d’apaiser les tensions, a paradoxalement exacerbé les problèmes. Le dérèglement du cessez-le-feu avec l’Iran, la brutalité des frappes russes contre les civils en Ukraine et, plus récemment, l’ingérence du président américain dans le tirage au sort de la Coupe du Monde pour favoriser l’équipe américaine ont créé un cocktail explosif.
Erdogan, lui, a clairement manifesté son intérêt pour l’acquisition des F-35, un avion de combat considéré comme le « maréchal de fer des cieux ». Il est prêt, selon des sources proches du dossier, à lever les sanctions qui entravent l’accès de la Turquie à cette technologie de pointe, une concession risquée qui pourrait exacerber les frictions régionales, notamment avec Israël et la Grèce.
Mais l’enjeu est bien plus large. La dégradation progressive du cessez-le-feu avec l’Iran a plongé la région dans une nouvelle spirale de violence. Trump, visiblement agacé, a menacé de nouvelles frappes aériennes, mettant en péril l’accord fragile conclu il y a quelques mois.

Zelenskyy, un allié fragile
La rencontre avec Volodymyr Zelenskyy, bien que moins conflictuelle que celle de l’année dernière au Bureau ovale, a néanmoins été marquée par un certain pragmatisme. Trump a salué le travail du président ukrainien et a annoncé l’autorisation pour Kiev de fabriquer des missiles de défense aériennePatriot, une aide précieuse pour contrer les assauts russes. Cette décision, loin d’être une démonstration de soutien inconditionnel, souligne la complexité des relations entre Washington et Kiev.
Et l’on ne peut ignorer la fixation persistante de Trump sur la question de Groenland. Malgré les promesses de retour au contrôle de l’archipel, le président américain continue de presser le Danemark, une attitude qui risque de fragiliser davantage les alliances européennes.

L’antipathie croissante pour la france
L’attention de Trump s’est particulièrement portée sur l’Espagne, notamment sur la réticence de Pedro Sánchez à augmenter les dépenses militaires. Le ton est devenu plus acerbe, qualifiant le dirigeant espagnol de « sans espoir » et de « mauvais joueur ». Un signal clair, sans équivoque, de la volonté américaine de faire évoluer les politiques de défense de ses alliés.
Face à cette pression
croissante, Erdogan pourrait être confronté à un défi majeur lors des prochaines élections de 2028. Un enjeu politique majeur dans une région déjà en proie à de nombreuses instabilités. Pour l’heure, il semble que la diplomatie américaine, malgré ses contradictions, lui offre une bouée de sauvetage.