Russie : deripaska prône pour des journées de 12h pour relancer l'économie
Oleg Deripaska, l'homme d'affaires russe dont la fortune a été jadis affectée par des sanctions occidentales, a lancé une proposition audacieuse et controversée : imposer des journées de travail de 12 heures, six jours par semaine, pour stimuler l'Économie russe confrontée à des défis majeurs. Une idée qui, au-delà de son caractère radical, révèle l'ampleur des mutations dont le pays doit faire face.

Une crise plus profonde que les cycles économiques habituels
Deripaska ne considère pas la situation actuelle comme une simple récession. Dans une publication Telegram, il a souligné que la Russie se trouve confrontée à une « transformation difficile », passant d'un contexte d'opportunités mondiales à un environnement régional restreint, marqué par diverses limitations. Loin d'être un simple ajustement conjoncturel lié aux taux d'intérêt ou à la politique monétaire, il s'agit d'un réalignement stratégique forcé par la géopolitique.
Le magnat de l'aluminium, fondateur de Rusal, met en avant une caractéristique nationale russe : la capacité à se mobiliser et à travailler dur dans les moments difficiles. “Plus tôt nous passerons à ce nouvel emploi du temps – de 8h à 20h, y compris le samedi – plus vite nous acheverons cette transformation”, a-t-il affirmé, suggérant une solution brutale mais potentiellement efficace pour s'adapter aux nouvelles réalités économiques.
L'Économie russe, historiquement dépendante des revenus pétroliers et gaziers, a vu sa croissance ralentir considérablement. Les estimations officielles font état d'une progression de 1% en 2024, un chiffre bien inférieur aux 4,3% enregistrés en 2023. Les tensions géopolitiques, les perturbations des flux commerciaux et les sanctions occidentales ont créé un contexte économique complexe, exacerbé par les récents événements au Moyen-Orient et leur impact sur les prix de l'énergie.
Bien que la Russie ait bénéficié d'une hausse des prix du pétrole, conséquence des tensions régionales, Deripaska avait déjà averti que ces mêmes tensions pourraient freiner la croissance globale, y compris la russe. Les futures contrats à terme sur le pétrole brut ont dépassé les 100 dollars le baril, un niveau qui, paradoxalement, ne garantit pas une prospérité durable pour Moscou.
La proposition de Deripaska, bien que radicale, peut être interprétée comme un appel à une remise en question profonde des modèles économiques et sociaux russes. S'agit-il d'une solution viable ou d'une mesure désespérée ? La réponse réside probablement dans la capacité du pays à concilier impératifs économiques et bien-être de sa population, un équilibre délicat à trouver dans un contexte mondial en constante mutation. La Russie, confrontée à un carrefour décisif, devra choisir entre la stagnation et une transformation radicale, quitte à sacrifier une partie de son confort actuel.
