economie

Le model neerlandais : travailler moins, gagner plus sans perdre de productivité

En pleine réflexion sur la durée du travail, l'Espagne peut apprendre beaucoup de la Hollande, qui a réussi à réduire sa journée sans perdre en compétitivité.

Une productivité par heure bien supérieure

Une productivité par heure bien supérieure

Le pays voisin travaille en moyenne 32,2 heures hebdomadaires, contre plus de 37 heures en Espagne. Pourtant, les Néerlandais génèrent un chiffre d'affaires par heure de travail bien plus élevé que les Espagnols, avec une productivité par heure de 45 euros contre 29 euros en Espagne.

Cette différence se reflète également dans les salaires : le salaire moyen mensuel en Hollande s'élève à environ 3 800 euros, plus que le double de nombreux salaires en Espagne.

La clé du modèle néerlandais réside dans la flexibilité et la culture du travail. Alors que l'emploi à temps partiel est souvent perçu comme précaire en Espagne, il est considéré comme une option légitime et souhaitable aux Pays-Bas. De fait, une grande partie de la population active y travaille à temps partiel, ce qui réduit la moyenne des heures hebdomadaires sans affecter négativement les revenus ni la qualité de l'emploi.

A cela s'ajoute une culture d'entreprise centrée sur les objectifs, la flexibilité et l'organisation efficace du temps. Le télétravail, l'autonomie du salarié et la gestion judicieuse du temps sont des éléments courants dans le tissu économique néerlandais.

Le contraste avec l'Espagne est flagrant. Malgré une journée légale maximale de 40 heures, nombreux sont les Espagnols à travailler bien au-delà de 37 heures. Cela ne reflète pas nécessairement de mauvaises conditions de travail, mais plutôt une culture qui met l'accent sur le volume de travail plutôt que sur la qualité et l'efficacité.

Le gouvernement espagnol propose de réduire la journée de travail à 37,5 heures hebdomadaires sans réduction salariale, mais cette proposition rencontre des résistances politiques et patronales. Certains considèrent qu'une telle mesure pourrait nuire à la compétitivité, notamment pour les petites et moyennes entreprises.

Toutefois, les experts estiment que les pays les plus productifs de l'Europe sont précisément ceux où l'on travaille le moins. Le cas néerlandais est éloquent.

Pour appliquer ce modèle en Espagne, il faudrait mettre en place de profonds changements dans la structure économique et culturelle. Cela signifierait améliorer la productivité des entreprises, investir dans la digitalisation et les technologies, réformer l'organisation du travail et changer de mentalité chez les entreprises et les salariés.

En plus de ses effets économiques, le modèle néerlandais a un impact significatif sur la qualité de vie. Travailler moins heures permet de consacrer plus de temps à la famille, au loisir et au développement personnel, ce qui se traduit par des salariés plus satisfaits, moins stressés et, paradoxallement, plus productifs.