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Bce: vujcic préconise une action immédiate face à l'inflation galopante

La Banque Centrale Européenne se retrouve à la croisée des chemins. Alors que Boris Vujcic, futur vice-président, tire la sonnette d'alarme, l'urgence d'agir face à une inflation persistante et une Économie fragilisée par le conflit en Iran devient un impératif. Finies les tergiversations, selon lui.

Le spectre d

Le spectre d'une inflation débridée

Les projections du BCE sont alarmantes : une inflation de 2,6 % attendue pour cette année, bien au-delà des prévisions initiales. Mais le pire est à craindre. Si les perturbations dans l'approvisionnement pétrolier et gazier, notamment au détroit d'Ormuz, se maintiennent, l'inflation pourrait exploser, atteignant 6,3 %. Un chiffre qui interroge sérieusement la capacité du BCE à maintenir la stabilité des prix.

Vujcic, sans ambages, estime que le temps de la prudence est révolu. Il ne laisse planer aucun doute : le BCE doit choisir entre deux options, chacune porteuse de risques. Une série de petites hausses graduelles des taux d'intérêt, permettant un ajustement progressif et une analyse continue de la situation, ou des augmentations plus importantes, plus tardives, mais potentiellement plus brutales pour l'Économie. La première option, selon lui, semble la plus sage, offrant une souplesse d'adaptation cruciale.

L'idée d'un resserrement monétaire n'est pas une découverte. Les économistes pressent déjà depuis la semaine dernière cette évolution, anticipant un premier ajustement en avril ou juin. Joachim Nagel, le président de la Bundesbank, a même ouvert la voie à une possible hausse des taux lors de la prochaine réunion, soulignant l'impact grandissant des prix de l'énergie sur l'inflation. Le radar de la Fed et du BCE est donc officiellement activé.

L'Euribor, témoin d'un vent de changement, affiche déjà la plus forte hausse depuis 2008, reflétant les anticipations des marchés financiers qui parient sur jusqu'à trois augmentations de taux de 0,25 % d'ici la fin de l'année. Vujcic, lui, relativise l'impact potentiel d'une ou deux hausses, arguant qu'une désescalade du conflit et une reprise du flux pétrolier seraient des éléments favorables. Mais face à la volatilité géopolitique, l'inaction n'est pas une option.

Ce qui distingue cette crise de celle de 2022, liée à la guerre en Ukraine, c'est la réactivité attendue du BCE. Vujcic rappelle que les leçons de l'expérience passée, où l'inflation avait grimpé à 10,6 %, ont conduit à une prise de conscience : les chocs d'offre justifient une réponse monétaire, à condition qu'ils ne soient pas de courte durée. Le double mandat du BCE, stabilité des prix (cible inférieure à 2 %) et soutien à la croissance, se trouve aujourd'hui en tension, mais la priorité doit être donnée à la première de ces missions.

L'heure est donc à la fermeté, à la lucidité et à l'adaptation. Le BCE doit prendre ses responsabilités et agir avec détermination, même si cela implique de contrarier certaines attentes. L'Économie européenne, face à l'incertitude, ne peut se permettre d'attendre. La situation actuelle exige une réponse, et le futur vice-président du BCE le sait pertinemment bien. L'inflation, comme un fleuve en crue, ne recule pas sans être contenue.